Amine, un jeune de 22 ans, travaille en tant que livreur pour Deliveroo à Paris depuis trois ans. Bien qu’il parcourt les rues de la capitale pour livrer des repas, il explique que ses revenus ne suffisent souvent qu’à peine à couvrir son loyer.
Le travail de livreur et ses défis
Amine vit dans un appartement partagé dans le 19e arrondissement, près du Parc des Buttes-Chaumont, mais il effectue des livraisons dans toute la capitale, et même dans les banlieues proches. Pour commencer son activité de livreur, il a investi dans un vélo électrique d’occasion, coûteux à l’achat. « J’avais un vélo, mais il n’était pas assez robuste pour mon utilisation quotidienne. Je l’ai donc vendu et j’ai acheté un vélo électrique pour 600 euros », raconte-t-il. En plus de son vélo, il a dû investir dans d’autres équipements comme un casque, un cadenas et un sac isotherme, pour un total de 900 euros.
Horaires et rémunération
Amine travaille en moyenne 12 à 15 heures par semaine, réparties sur quatre jours, en plus de quelques week-ends. Le système de travail est flexible grâce à l’application Rider de Deliveroo, qui lui permet d’accepter des commandes selon sa disponibilité. “Le midi, je travaille dans des quartiers comme le 8e et le 9e, où il y a beaucoup de bureaux, et le soir dans des zones plus animées comme le 10e, le 11e et le 12e arrondissements”, explique Amine. Il parvient parfois à effectuer deux à trois courses par heure, ce qui lui rapporte entre 10 et 15 euros, en incluant les pourboires.
Cependant, les journées ne sont pas toujours aussi rentables. « Le midi, c’est souvent très incertain, il y a beaucoup d’attentes entre deux commandes », précise-t-il. En cas de conditions météorologiques difficiles, comme la pluie ou la neige, il peut percevoir un bonus allant de 1 à 2 euros par commande, ce qui ajoute un peu de rentabilité.
Les difficultés financières et la gestion du quotidien
En février 2026, Amine a gagné 1 100 euros de revenus grâce à ses livraisons. Après avoir payé environ 20% de cotisations sociales, il a empoché environ 880 euros net. « Avec cet argent, je dois entretenir mon vélo. Les crevaisons et les problèmes de batterie sont fréquents. Et lorsque mon téléphone est tombé en panne et que j’ai dû en acheter un nouveau pour 300 euros, mes profits ont été quasi nuls », confie-t-il.
Pour pouvoir gérer son loyer de 520 euros et vivre plus confortablement, Amine prend également des emplois supplémentaires dans des restaurants pendant les week-ends.
Des perspectives d’avenir incertaines
Amine reconnaît que livraison à vélo n’est pas un métier viable à long terme. Il songe donc à quitter Deliveroo pour un poste permanent dans un restaurant, un secteur qui recrute, mais il hésite encore à cause des horaires et des conditions de travail difficiles. « L’avantage de Deliveroo, c’est que j’ai un contrôle sur mon emploi du temps. Ce n’est pas quelque chose que je retrouverais en tant qu’employé dans un restaurant », explique-t-il.